Ubuntu dual boot linux : installer Ubuntu aux côtés de Windows sans rien perdre

Le dual boot installe Ubuntu à côté de Windows sans écraser l’OS existant.

  • Prévoyez une clé USB de 8 Go recommandée.
  • Téléchargez l’ISO sur ubuntu.com, version LTS.
  • Gravez avec Rufus, Etcher ou Ventoy en GPT UEFI.
  • Allouez 50 Go recommandé pour Ubuntu.
  • Réduisez la partition via diskmgmt.msc ou l’installateur.
  • Sauvegardez avant, risque de perte de données.

Créer une clé USB bootable Ubuntu

Télécharger l’ISO Ubuntu et vérifier l’intégrité

  • ISO Ubuntu : environ 6 Go de téléchargement
  • Version LTS recommandée pour la stabilité et le support long
  • Empreinte SHA-256 à vérifier après téléchargement
  • Téléchargement officiel uniquement depuis ubuntu.com

Rendez-vous sur le site officiel ubuntu.com et choisissez une version LTS (Long Term Support), plus stable et mise à jour pendant plusieurs années. Le fichier ISO pèse environ 6 Go : prévoyez une connexion correcte et suffisamment d’espace libre sur votre disque.

Une fois le fichier téléchargé, comparez son empreinte SHA-256 avec celle publiée sur le site officiel. Cette vérification garantit que le fichier n’a pas été altéré ou corrompu pendant le transfert. Sous Windows, l’utilitaire certutil en ligne de commande permet d’obtenir ce hash en quelques secondes.

Graver la clé USB avec Rufus, Etcher ou Ventoy

Munissez-vous d’une clé USB d’au moins 4 Go, mais une clé de 8 Go est vivement recommandée pour travailler confortablement. Trois outils gratuits font référence : Rufus (Windows), balenaEtcher (multiplateforme) et Ventoy (permet de stocker plusieurs ISO sur une même clé).

Avec Rufus, sélectionnez votre clé dans « Périphérique », cliquez sur « Sélection » pour charger l’ISO, puis choisissez le schéma de partition GPT et la cible UEFI. Lancez l’écriture et attendez la fin de l’opération. Avec Etcher, l’interface est encore plus simple : Flash from file, puis Select target, et Flash. Ventoy, lui, s’installe une seule fois sur la clé et vous copiez ensuite les fichiers ISO directement dessus.

Une fois la gravure terminée, éjectez proprement la clé. Elle est prête à démarrer sur UEFI ou Legacy selon le mode choisi lors de la configuration.

Partitionner le disque et faire de la place pour Ubuntu

ubuntu dual boot linux
Espace disque à allouer Méthode utilisée Risque principal à couvrir
30 Go minimum Réduction manuelle via diskmgmt.msc Perte de données sans sauvegarde préalable
50 Go recommandé Shrink automatique par l’installateur Ubuntu Réduction excessive de la partition Windows
Espace libre adjacent Image disque avec Macrium Reflect Absence de restauration en cas d’échec

Réduire la partition Windows depuis le Gestionnaire de disques

Avant toute manipulation, créez une image disque complète avec un outil comme Macrium Reflect. C’est la seule garantie de pouvoir revenir en arrière si le redimensionnement tourne mal. Sauvegardez aussi vos fichiers importants sur un support externe ou dans le cloud, en gardant à l’esprit la limite de 2 Go imposée par certains services de stockage en ligne pour un fichier unique.

Ouvrez ensuite le Gestionnaire de disques Windows en tapant diskmgmt.msc dans la barre de recherche. Faites un clic droit sur la partition principale (souvent C:), choisissez « Réduire le volume », puis indiquez la quantité à libérer. Visez au minimum 30 Go, mais privilégiez 50 Go pour travailler confortablement avec Ubuntu sur le long terme.

Laisser l’installateur Ubuntu gérer le partitionnement

Si vous préférez ne rien calculer vous-même, l’installateur Ubuntu sait réduire automatiquement la partition Windows. Cette option apparaît lorsque vous choisissez « Installer Ubuntu à côté de Windows Boot Manager ». L’installateur propose alors un curseur pour répartir l’espace entre les deux systèmes.

L’espace non alloué créé restera vide jusqu’à l’installation. Ne le formatez pas manuellement sous Windows : l’installateur Ubuntu s’en chargera et créera les partitions nécessaires, y compris la partition EFI si vous êtes en mode UEFI. Conservez donc cet espace brut tel quel avant de redémarrer sur votre clé USB.

Installer Ubuntu en dual boot avec Windows

Lancer l’installateur et choisir le mode dual boot

Une fois la clé USB prête et l’espace libéré sur le disque, il reste à dérouler l’installation proprement dite. Le principe est simple : Windows doit toujours être installé avant Linux, ce qui est le cas ici puisque vous ajoutez Ubuntu à une machine existante. Voici le déroulé complet, du démarrage sur la clé jusqu’au premier redémarrage.

  • Booter sur la clé USB : appuyez sur F2, F10, F12 ou Del selon votre fabricant.
  • Choisir Installer Ubuntu dans le menu de démarrage de la clé.
  • Sélectionner À côté de Windows pour préserver l’OS existant.
  • Définir la taille partition : prévoyez au minimum 30 Go, idéalement 50 Go.
  • Créer compte utilisateur : nom, mot de passe et langue du système.
  • Redémarrer la machine pour atteindre le menu GRUB au prochain boot.

Options avancées d’installation et chiffrement du disque

L’installateur d’Ubuntu propose désormais une interface simplifiée qui gère le redimensionnement automatique de la partition Windows. Le mode À côté de Windows Boot Manager est celui à retenir pour un dual boot classique. Si vous préférez maîtriser chaque étape, basculez sur l’option Autre chose pour pointer manuellement la partition racine et la partition d’échange.

Le chiffrement intégré est désormais accessible directement via l’interface graphique, ce qui simplifie nettement la mise en place d’un volume protégé. Les versions récentes comme Ubuntu 25.04 intègrent cette option en quelques clics, là où il fallait auparavant passer par une configuration LUKS manuelle bien plus technique. Activez-la si vous stockez des données sensibles sur le portable.

Prérequis et précautions avant l’installation

Avant de lancer l’installateur, prenez le temps de sécuriser votre environnement Windows. Une manipulation rapide sans ces vérifications peut entraîner une perte de données irréversible ou un échec de démarrage.

  • Sauvegarder vos données sur un disque externe ou un espace cloud, sans exception.
  • Désactiver BitLocker et conservez la clé de récupération à portée de main sur un autre support.
  • Désactiver le démarrage rapide de Windows pour éviter un verrouillage de la partition.
  • Vérifier que le mode UEFI est activé dans le BIOS, plus fiable que le mode Legacy.
  • Mettre à jour le BIOS de votre carte mère pour prévenir les incompatibilités matérielles.
  • Libérer au moins 30 Go sur le disque, idéalement 50 Go pour un confort durable.

Pourquoi ces précautions sont indispensables

Le chiffrement BitLocker de Windows bloque l’accès à la partition depuis un autre système. Si vous ne le désactivez pas avant l’installation, l’installateur Ubuntu ne pourra pas redimensionner le volume, et vous risquez de perdre l’accès à vos fichiers Windows.

Le démarrage rapide, souvent activé par défaut, place le disque dans un état intermédiaire entre veille et arrêt. Résultat fréquent : Ubuntu ne détecte pas le disque ou la partition apparaît comme verrouillée. Désactivez-le depuis le panneau d’alimentation de Windows.

Vérifier l’environnement matériel

Assurez-vous que votre BIOS est en mode UEFI et non Legacy. Les machines fabriquées avant 2010 utilisent souvent un firmware Legacy, incompatible avec certaines fonctions modernes de GRUB. Sur les modèles plus récents, Secure Boot peut rester actif : Ubuntu le prend en charge nativement.

Enfin, prévoyez un disque externe d’au moins la taille de vos données pour la sauvegarde. Cette étape prend du temps mais reste la seule protection réelle contre une erreur de partitionnement.

Démarrage, GRUB et configuration UEFI/Secure Boot

Au redémarrage, votre machine affiche le menu GRUB, le gestionnaire de démarrage d’Ubuntu. Il vous laisse 10 secondes pour choisir entre Ubuntu et l’entrée Windows Boot Manager avant de lancer automatiquement Ubuntu. Utilisez les flèches du clavier pour sélectionner votre système, puis validez avec Entrée.

Si ce menu n’apparaît pas et qu’Ubuntu démarre seul, vérifiez que Secure Boot est activé dans l’UEFI. Ubuntu le prend en charge nativement depuis des années, mais certains pilotes propriétaires exigent sa désactivation. Pour accéder au firmware, appuyez sur F2, F10, F12 ou Suppr selon votre marque.

En cas de problème, l’outil Boot-Repair-Disk répare GRUB et restaure l’accès à Windows. L’ordre de démarrage dans l’UEFI doit placer ubuntu en premier pour conserver le menu. Si vous voyez grub rescue>, démarrez sur une clé live Ubuntu et lancez Boot-Repair depuis le terminal.

Problèmes fréquents et dépannage après installation

Même avec une installation soignée, un dual boot peut réserver quelques surprises au redémarrage. La bonne nouvelle : la plupart des incidents listés ci-dessous se règlent en quelques minutes avec les bons outils, à commencer par Boot-Repair, capable de reconstruire un GRUB cassé ou d’ajouter une entrée Windows manquante.

  • Windows ne démarre plus : le chargeur a été écrasé ; Boot-Repair le détecte et le réinsère dans GRUB.
  • GRUB ne s’affiche pas : Ubuntu démarre seul ; vérifiez l’ordre de démarrage UEFI et le délai de 10 secondes.
  • Disque SSD non détecté : passez le contrôleur SATA de RAID à AHCI dans le BIOS avant de relancer l’installateur.
  • Erreur grub-install en UEFI : la partition EFI est souvent mal montée ou saturée ; recréez-la via Boot-Repair.
  • Message « No bootable device » : l’ordre de boot a basculé ; sélectionnez Ubuntu ou Windows Boot Manager manuellement.
  • Prompt grub rescue : GRUB ne trouve plus son disque ; démarrez sur une clé live puis lancez Boot-Repair.

Réparer GRUB et retrouver Windows

Dans la majorité des cas, Boot-Repair fait le travail sans ligne de commande. Démarrez sur votre clé USB Ubuntu en mode « Try Ubuntu », installez l’outil, lancez la réparation recommandée, puis redémarrez. Le menu GRUB doit réapparaître avec ses deux entrées.

Si Windows reste invisible, ouvrez un terminal et forcez la détection : sudo update-grub. Cette commande rescane les disques et ajoute une entrée Windows Boot Manager au menu. Pensez à conserver le Secure Boot activé : Ubuntu le supporte nativement et cela évite des conflits avec Windows.

Éviter que le problème revienne

Une mise à jour majeure de Windows peut réécrire le secteur de démarrage et effacer GRUB. Gardez toujours votre clé USB bootable sous la main, elle sert à la fois d’installateur et de kit de secours. Avant toute grosse mise à niveau, notez la touche d’accès au boot menu de votre machine (F2, F10, F12 ou Del) pour choisir l’OS à lancer en cas de doute.

Enfin, si vous avez activé BitLocker sur Windows, conservez votre clé de récupération accessible depuis un autre appareil : après une modification du bootloader, Windows la réclamera avant de démarrer.